Lisez donc ça !
 
J.-L. Aribaud, Prophéties, Le Castor Astral, 2007 x
 
E. Bunker, Aucune bête aussi féroce, Plon, 2001 x
 
Clément Rosset, Le réel, Minuit, 1997 x
 
Pascal Quignard, Le sexe et l'effroi, Gallimard, 1994 x
 
 
                
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   © Philippe Ségur 2008
Site créé le 1er sept. 2001 - Nouvelle version janvier 2008        
 

        Présentation
Parcours universitaire
  1. Bac littéraire (latin, grec, philo)
  2. Licence en droit (1986)
  3. Maîtrise en droit public (1987)
  4. DEA de science politique (1988)
  5. DEA de droit public (1989)
  6. Docteur en droit (1993)
  7. Agrégé des Facultés de droit (1994)
  8. Président de la commission des spécialistes de l’Université du Maine de 1995 à 1997
  9. Directeur du département de droit de l’Université Via Domitia de Perpignan de 1998 à 2000
  10. Directeur de l'Institut de Recherches Juridiques et Sociales (1997-2000)
  11. Directeur de la conférence d’agrégation de l’Université de Toulouse I de 2000 à 2002
  12. Directeur du Master de droit public “Droit de l’Action publique” de l’Université Via Domitia de Perpignan de 2003 à 2005
  13. Directeur du Master de droit public “Carrières administratives” de l’Université Via Domitia de Perpignan de 2009 à 2010
  14. Directeur du CERTAP (Centre d’Etudes et de Recherches sur les Transformations de l’Action Publique) de l’Université Via Domitia de Perpignan.
 
 
Parcours littéraire
  1. Première publication (nouvelle) en 1975
  2. Premier roman en 2002.
  3. Prix Renaudot des Lycéens, prix de la SGDL, prix France 3, prix E. de la Rochefoucauld, prix du Rotary International pour Métaphysique du chien en 2002
  4. Prix Ronsard, prix Helbéa, prix France Bleu-Berry pour Poétique de l’égorgeur en 2004
 
 
Fonctions actuelles
  1. Professeur à l’université Via Domitia de Perpignan
  2. Directeur de collection aux éditions Ellipses
  3. Membre du Prix du Jeune Écrivain
 

Conseils de lecture

1 - Humour
2 - Temps
3 - Fantastique
4 - Critique politique
5 - Quête de soi
6 - Philosophie
7 - Littérature française
 Pourquoi ce site ?
 
Comment ajouter quelque chose à ce qui a été écrit dans un livre ? Sans doute tout n'y est pas dit de manière explicite, mais l'implicite forme l'architecture invisible de l'histoire et il n'est pas toujours utile ou souhaitable de connaître cette architecture pour bien suivre le récit et s'en faire sa propre idée. Ne serait-ce pas voler au lecteur sa lecture que de lui en imposer à l'avance une interprétation ? Et une interprétation d'autant plus incontestable qu'elle sortirait de la bouche de celui qui est supposé savoir ? Au même titre que le réalisateur qui construit son film, que le peintre qui compose sa toile, l'écrivain n'en sait pas autant que l'on pourrait croire sur l'objet de sa création. Il se révèle à lui-même au fur et à mesure qu'il écrit de la même façon que le lecteur découvre le livre au fil des lignes. En ce sens, chacun à sa manière et à des degrés différents est un inventeur, un trouveur, quelqu'un qui dévoile une réalité déjà présente. L'auteur défriche, le lecteur déchiffre et la différence entre les deux se mesure à ce que le second apporte : toujours une petite lettre de plus. Si publier répond à une volonté de communication, cette communication demeure, quoi qu'on y fasse, aussi aléatoire qu'approximative. Aléatoire, parce que commencer un livre avec l'intention de le faire paraître, c'est partir à la rencontre de quelqu'un sans savoir si la rencontre se produira ni avec qui elle aura lieu. Approximative, parce que l'opération nécessite un émetteur, un récepteur et qu'entre les deux, se glisse toujours cette petite lettre de plus.
 
Ce site est un prolongement de la rencontre possible. Il s'y emploie sous des formes diverses : textes, rendez-vous, contact pour les lecteurs désireux de m'écrire et, surtout, parcours de lecture. Il ne propose des interprétations de mes livres que dans la mesure où ceux-ci sont désormais des objets finis. Finis pour l'auteur (celui que je préfère est toujours celui que je suis en train d'écrire, le seul à me procurer à nouveau une émotion de découverte, les autres me devenant étrangers) et surtout finis pour le lecteur, qui les ayant lus, s'est fait son idée et se les est appropriés. C'est sur cette base équitable que peut avoir lieu un partage, un échange instructif, qui nous renseigne l'un l'autre sur la nature et l'importance de la petite lettre de plus.
 
Qui est l'auteur ?
 
Raconter ma vie en détail sur ces pages ne me paraît présenter aucun intérêt. J'écris des fictions, parce que l'imaginaire constitue à mon sens un moyen au moins égal et souvent supérieur au témoignage pour explorer la réalité. Et d'ailleurs, quelle différence existera-t-il dans cinquante ans, dans un siècle, entre celui qui se confesse aujourd'hui en public et un personnage de fiction, puisque le premier aura rejoint le second dans le néant ? Le degré de réalité de l'un comme celui de l'autre sera alors strictement identique : des mots sur des livres pour en garder le souvenir. Harry Haller dans Le loup des steppes ou Nagel dans Mystères me sont bien plus réels et humains, par exemple, que de nombreux auteurs de confessions, d'aveux ou de récits intimes. Bien qu'inventés, ces personnages m'accompagnent plus durablement que certains visages vus sur des couvertures de livres ou sur des écrans de télévision, célébrités ou anciens anonymes qui se prévalent du fait qu'ils existent (en sont-ils bien sûrs ?) pour affirmer la valeur ajoutée de leur production littéraire. En réalité, le statut même de la vérité est sujet à caution dans toutes les strates de l'existence. En littérature, ce qui fait qu'un livre va émouvoir et toucher et continuer sa vie propre dans la conscience du lecteur, n'a pas grand chose à voir avec sa véracité. Seule la crédibilité des situations, des sentiments, des personnages, de la voix qui s'exprime a de l'importance. Un bon roman même s'il dépeint un univers artificiel sera toujours crédible, tandis que la prétention au vrai ne sauvera jamais un mauvais livre de lui-même.
 
Ces considérations n'empêchent pas de penser que les plus grandes oeuvres ont une dimension autobiographique. Ce point a quelque chose à voir, sans doute, avec le degré d'implication de leurs auteurs dans leur création. Ceux-là généralement n'écrivent pas impunément et à prendre les plus grands risques, il leur arrive de tout gagner ou de tout perdre. Mais justement cette authenticité de l'engagement leur impose, la plupart du temps, le détour de la fiction à la fois comme technique exploratoire et comme liberté acquise à l'égard d'eux-mêmes grâce à la transmutation de l'expérience. Répétons le, le simple fait de se dire transparent jette sur la démarche une ombre suspecte et la rend impossible. Comme il n'y a aucune vérité intégrale qui soit communicable au lecteur sans l'adjonction de la petite lettre évoquée plus haut, la seule clarté espérable est une clarté de chacun pour soi-même - projet qui peut encore paraître à maints égards démesuré. Le seul moyen d'y parvenir, si jamais c'est possible, est de ne pas en parler, car dès qu'on aborde l'intime, la parole n'est pas performative (se déclarer sincère ne crée pas la vérité du propos), mais contreproductive (elle le falsifie presque à coup sûr).
 
Plus judicieuse me paraît être ici l'esquisse d'une trajectoire de lecteur. Trajectoire qui me constitue en tant qu'auteur et en tant individu et dans laquelle d'autres lecteurs peuvent entrer, soit en s'y reconnaissant soit en s'y cherchant à leur tour. C'est à ces linéaments d'une formation intellectuelle, qui est en même temps une formation de vie, que sont consacrées les rubriques les plus développées de cet espace dédié à la littérature. Comme j'ai acquis la conviction qu'en tout domaine, la liberté ne s'acquiert qu'au prix d'un double mouvement - la conscience de ce qui nous détermine (ce qui suppose un apprentissage) et la perception de notre volonté propre (ce qui suppose une destruction) , celui qui, m'ayant lu tel que je suis, souhaite mieux me connaître le fera le plus sûrement à travers les auteurs auxquels je suis redevable.
 
 
Pour aller plus loin :
 
LE CORPS DE L'AUTEUR, COURT ESSAI SUR L'ÉCRITURE :
 
 
Photo et montage :  A. Gaches
Soutenance de thèse, le 7 juill. 1993. Jury (de g. à dr.) : Professeurs C. Lavialle, J.-L. Gazzaniga, J.-J. Bienvenu, J.-A. Mazères, H. Roussillon, C. Hen et J.-P. Marichy
Remerciements
 
Un cheminement intellectuel et spirituel s’accomplit rarement seul. Je tiens ici à exprimer ma gratitude envers Arnaud Desjardins, Denise Desjardins, Jean-Louis Gazzaniga, Stephen Jourdain, Jean-Pierre Marichy et Jean-Arnaud Mazères qui ont contribué à des titres divers et souvent de façon déterminante à ma formation.